La Mamounia, âgée de 99 ans, ne manque pas d'atours.

Dans ce Marrakech en fleurs de printemps et alors que les sommets enneigés de l’Atlas vous observent de derrière les ramparts Almohades datant du 11 eme siècle et que de partout le minaret de la Koutoubia, témoin des splendeurs passées, vous accompagne, l’on ne met pas longtemps pour retrouver la bientôt centenaire Mamounia.

Plusieurs fois classé meilleur hôtel au monde, l’établissement, aristocratique et déroulant zelliges, fontaines et jardins, sur 8 hectares , évolue hors sentiers battus par le tourisme de masse. Derrière ses colonnades, l’histoire s’écrit au passé rénové en présent. Du bar favori de Winston Churchill qui mène aujourd’hui par une porte dérobée à une salle de cinéma de 20 places, au lit réalisé sur mesure pour l’immense General de Gaulle jusqu’aux animations de Joséphine Baker, tout dans ces lieux respire l’exceptionnel et le fleur d’oranger.

Les restaurations de ces dernières années ont certes donné un coup de neuf à l’architecture néo-mauresque mais sans en altérer l’âme. Pour l’essentiel, tout y est encore. Au détour des colonnades, jardins et patios typiques de l’ère du Sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah, vous font mesurer l’éternité. Le 18 ème siècle est encore dans les murs quoique avec la signature omniprésente de l’architecte Aziz Lazrak et l’inspiration de feu Hassan II qui avait lancé la mode «La Mamounia » à la fin des années 70. Le joyau architectural porté par la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) et l’Office national des chemins de fer (ONCF) garde encore aujourd’hui son cachet spécial d’adresse incontournable dans le top ten mondial des palaces les plus luxueux au monde. Depuis son lancement sous forme d’hôtel en 1922 et-ce après avoir été pendant longtemps un joyau des princes, la Mamounia reste le lieu des rendez-vous des grands de ce monde. Rénové sous Mohammed VI pour un investissement de 120 millions d’euros et trois ans de fermeture (2006-2009), la Mamounia new look, qui portait depuis 13 ans la patte de Jacques Garcia, lequel a a un faible pour le style hispano-mauresque, s’est encore donné en 2020 un nouveau coup de lifting, le quatrième de sa longue histoire.

Les dernières rénovations post confinement ont été confiées par le directeur, Pierre Jochem, un spécialiste de l’hôtellerie de luxe, aux manettes depuis 2013, aux designers Patrick Jouin et Sanjit Manku de l’agence de design d’espace “Jouin Manku”. Un lifting plutôt bien réussi. Côté gastronomie, cinq restaurants sont au choix. Le chef triplement étoilé Jean-Georges Vongerichten, à la tête de 38 restaurants à travers le monde, vous attend de pied ferme avec l’Asiatique, table spécialisée sur les saveurs du sud-est asiatique, et l’Italien. A ne pas manquer le Salon de Thé par Pierre Hermé (plus de 50 points de vente dans 12 pays) du nom de son nouveau gérant, le “Picasso de la pâtisserie”. A bientôt cent ans, la vieille dame ne manque pas d’atours.

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